Vivre en autosuffisance au Québec

Vivre en autosuffisance au Québec

Le défi de l’autosuffisance

De nos jours, le concept d’autosuffisance est soit décrié par certains, ou soit une nouvelle mode par d’autres. Les détracteurs de l’autosuffisance vont prétendre qu’il est impossible de devenir autosuffisant, ou qu’il est extrêmement difficile de le devenir même partiellement. Les arguments utilisés dans les deux cas sont parfois hors contexte, et la conclusion a une forte teinte subjective.

À la base, tout est question de ressources disponibles, du réseau à la portée, de notre capacité physique et psychologique à répondre aux exigences du défi et de notre niveau de connaissance et d’expérience. J’oublie quelque chose? Un manque ou une déficience à l’un ou plusieurs de ces niveaux pourraient effectivement mettre en péril un projet d’autosuffisance.

Analyse de notre situation

Quant est-il pour nous? Avons-nous ce qu’il faut? Sinon, pouvons-nous aller chercher ce qui manque? Je dois avouer que nous n’avons pas fait cette analyse à 100% avant d’embarquer dans ce projet. Il nous manque certainement l’aspect des connaissances et de l’expérience, mais qui possède cette dimension lorsqu’il s’engage dans un nouveau domaine? Le réseau devient alors une clé de succès, et le privilège de pouvoir avoir un mentor ou des personnes clés disponibles pour partager leur temps et expérience sont précieux.

Autosuffisance alimentaire - fruits et légumesAutosuffisance alimentaire

Notre premier objectif est de viser l’autosuffisance alimentaire. C’est sans doute l’aspect le plus facile de l’autosuffisance. Cependant, il ne suffit pas d’un jardin standard et de quelques poules pour y arriver. Et il n’est pas évident aussi de savoir comment nous pourrions produire nous même certains aliments, tels que le sel, le riz, ou des fruits tropicaux tels qu’ananas ou banane. Nous n’avons pas encore réfléchi ou analysé les options à ce sujet, mais ça viendra.

Dans notre cas, un jardin de 3000 pieds carrés, la mise en place de clapiers à lapin avec plusieurs reproducteurs, 4 poulaillers pour la ponte d’œufs et la viande, et un petit troupeau de chèvres pour le lait et la viande sont nos premiers pas. Et il ne faut pas s’attendre à consommer tout la première année. Ça prend du temps de mettre ça en place. Monter un troupeau de chèvres qui fait du sens, avec un jardin performant et un bon roulement dans la reproduction des poules et lapins à chair, c’est un travail de 1 à 3 ans. Notre première année étant faite, nous commençons à être presque prêts pour la production côté lapin et poule. Pour le lait, ça va bien, mais nous n’avons pas encore une stratégie solide pour avoir du lait frais à l’année.

L’épicerie… encore!

Eh oui… on doit encore aller faire l’épicerie, mais ça nous coûte moins cher qu’il y a un an! Par exemple, nous n’achetons plus nos œufs et produits laitiers à l’épicerie. Nous achetons moins de viande, car nous avons déjà des poulets, lapins et viandes caprines dans le congélateur. Nous avons pendant l’été une bonne récolte de certains légumes. C’est quand même un bon début.

Autosuffisance énergétiqueAutosuffisance énergétique

Ce sera notre deuxième objectif, car ça demande beaucoup plus d’investissements. Il faut voir les options selon les ressources disponibles dans le secteur d’établissement. Il est préférable d’aller vers des sources d’énergie renouvelable, telles que l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, de biomasse ou encore de géothermie. Chaque type à ces avantages et inconvénients, et ses différents coûts de mise en place.

Dans notre cas, lorsque nous serons à cette étape, nous allons considérer une combinaison d’énergie éolienne et solaire, ayant en abondance les 2 éléments. Il restera à voir les différentes questions de réglementations et de faisabilité, mais nous n’en sommes pas encore là.

Autosuffisance collaborative

Les 2 types d’autosuffisances mentionnés juste avant ne couvrent pas tous les besoins. Par exemple, qu’en est-il de l’aspect financier, de l’habitation, des moyens de transport, du vêtement, des services divers… Il serait utopique de penser être autosuffisant à tous les niveaux. Et ce n’est pas notre intention. Nous vivons en société, et nous avons besoin l’un l’autre, dans une optique de collaboration, de partage et d’entre-aide. Nous aurons toujours besoin de nous déplacer sur de longues distances, nous aurons toujours besoin d’avoir un électricien pour changer un panneau électrique, ou d’un médecin pour un problème de santé.

Le troc

Vient ensuite la notion de troc, et c’est quelque chose de facile et très collaboratif. Il faut cependant un bon réseau, et je ne parle pas seulement de Facebook! Dans un esprit d’entre-aide, il s’agit de mettre à disposition des autres, nos forces, nos expertises et nos productions, et vice versa. Il nous est arrivé d’échanger quelques douzaines d’œufs contre des framboises ou un petit service. Nous pouvons le faire parce qu’on produit plus d’œufs que notre besoin.

Conclusion

En conclusion, c’est un sommaire de notre première année d’apprentissage de l’autosuffisance… et nous en avons encore pour le reste de notre vie à apprendre sur le sujet. C’est pourquoi nous tenterons de vous tenir au courant sur ce blog, sur YouTube, afin d’en aider d’autres… Peut-être vous? Avez-vous une expérience à ce sujet? Est-ce quelque chose qui vous attire? Si oui, pour quelle raison? Laissez un commentaire à ce sujet, c’est avec plaisir que nous vous lirons et nous répondrons à vos questions!

3 commentaires

  • Avatar

    Bonjour,
    je vous félicite pour votre projet de ferme pour atteindre une plus grande autonomie alimentaire. Actuellement, j’habite chez mes parents, mais je me prépare aussi pour atteindre mon autonomie alimentaire dans l’avenir. Je suis grandement attirer par l’autonomie alimentaire, mais aussi par la fabrication de mes propres biens au lieu d’aller les acheter. Le coût est moins élevé, en plus je développe des habiletés tout en devenant davantage créatif. Je vais certainement vous suivre dans vos aventures. Bon succès dans vos projets!!!

    Michaël Deroy 4 décembre 2018
    • Stéphane Demers

      Merci Michaël! C’est effectivement un projet très emballant et motivant! Bon succès à vous aussi!

      Stéphane Demers 4 décembre 2018
  • Avatar

    Me semble qu’il serait bon de s’unir en petite communauté, un peu comme les amish, mais sans le côté religieux, pour s’entraider et pour ne pas se retrouver seule, un peu comme dans l’ancien temps quand les grand-parents, les parents et les jeunes couples habitaient tous proches et ou dans une même grande maison et travaillaient ensemble toute la journée pour le bien commun. C’est mon rêve.

    Céline 4 décembre 2018

Participez à la discussion, laissez un commentaire! :)

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.